Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 18:02

Toutes l'équipe de NOVA est heureuse de vous informer que le 1er octobre dernier l'association a fêté ses 1 an de fonctionnement.

Nous souhaitons a remercier nos partenaires :
           - Mr Dos Reis directeur de l'orphelinat de Tsévié et l'équipe de l'ONG CADRE avec qui nous avons commencé cette aventure dès notre création, pour le soutien des orphelins de Tsévié au Togo, 
           - Mr Lantame, responsable du Centre Médico Social de Baguida au Togo et toute son équipe, pour le soutien apporté à la population.
           - Mr Namoro Mikailou, secrétaire du centre ADJED au Burkina Faso et toute l'équipe d'ADJED, pour le travail réalisé auprès des enfants de Léo.
           Le Ministère de l'éducation de Roumanie, avec qui nous avons pu collaborer pour offrir des vacances différentes pour les enfants de Bogdanesti.

 

Nous souhaitons également a remercier tout particulièrement, les volontaires qui durant cette première année, ont participé aux missions que nous proposions, et sans qui nous n'aurions jamais réaliser tout le travail accomplit aujourd'hui.

Enfin, nous espérons accueillir pour cette deuxième année, encore plus de volontaire, afin d'apporter une aide encore plus grande aux populations que nous soutenons.

                                                      Merci à tous.


   

Par L'équipe NOVA Solidarité Internationale
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 13:06
BURKINA FASO: Les vaccinations forcées sont-elles toujours justifiées ?


Photo: Nicholas Reader/IRIN
Des fonctionnaires de santé ont immunisé plus de sept millions de personnes au cours d’une campagne de vaccination contre la fièvre jaune menée en décembre 2008 dans des régions à haut risque du Burkina Faso (photo d'archives)

OUAGADOUGOU, 14 janvier 2009 (IRIN) - Au Burkina Faso, des fonctionnaires de santé publique locaux ont récemment menacé de faire usage de la force contre les foyers refusant de recevoir le vaccin contre la fièvre jaune, d’après un directeur médical de district.

Selon le gouvernement, plus de sept millions de personnes ont été immunisées au cours d’une campagne de vaccination contre la fièvre jaune menée au mois de décembre dans les zones à haut risque du pays. Cependant, quelque 30 musulmans d’une région reculée située non loin de la frontière malienne ont expliqué aux fonctionnaires de santé publique qu’ils craignaient que le vaccin entraîne la stérilité, a expliqué le directeur médical du district d’Orodara.

Clément Meda, directeur, a affirmé à IRIN que ses efforts pour convaincre la communauté s’étaient soldés par un échec. « Lorsque nous avons pris conscience de leur réticence et de leur refus [de recevoir le vaccin], nous avons dépêché des fonctionnaires administratifs et des fonctionnaires de santé publique pour engager une discussion avec eux, mais sans succès ».

Le 31 décembre à quatre heures du matin, des membres de la police militaire ont accompagné les médecins locaux dans les foyers des villages de Sokouraba et Samogohiri, où les enfants n’avaient pas été immunisés, a indiqué M. Meda. « Nous savions qu’à cette heure-là, ils ne pourraient pas dire à leurs enfants de s’enfuir et que les familles seraient à leur domicile », a expliqué à IRIN M. Meda. « Ce sont les hommes qui nous avaient catégoriquement interdit de voir leurs enfants. [En fin de compte], nous sommes parvenus à vacciner les 30 [personnes non immunisées] ».

Selon M. Meda, en présence de la police, les hommes ont cessé de protester.

Le directeur médical du district a affirmé que les médecins étaient également parvenus à immuniser les enfants contre la poliomyélite et avaient donné de la vitamine A aux femmes et aux enfants qu’ils avaient jugés « très faibles ».

M. Meda a déclaré qu’un autre groupe de musulmans vivant dans le même district avaient refusé d’immuniser leurs enfants contre la poliomyélite au cours d’une campagne menée en 2005, de crainte que le vaccin rende les jeunes filles stériles. Les fonctionnaires de santé avaient également employé la force en à cette occasion, a-t-il dit à IRIN.

Droits privés ou bien public ?

Dan Wikler, professeur d’éthique au sein du département de santé mondiale de l’Université de Harvard, et ancien spécialiste de l’éthique au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a noté que les vaccinations effectuées avec l’aide de la police pouvaient s’avérer néfastes à long terme. « Les conséquences peuvent ne pas être ressenties localement, mais le recours à la force pourrait miner les efforts de vaccination déployés dans d’autres régions du monde si les populations en viennent à associer santé publique et violence ».

M. Meda ne partage pas les inquiétudes selon lesquelles l’emploi de la force pourrait susciter la crainte de la population lors de futures campagnes de santé publique. « Les refus sont rares au cours de ces campagnes. En principe, il n’y a pas de risque de répercussions négatives d’après notre expérience avec [les personnes qui s’y sont opposées]. Depuis, celles-ci ont adhéré à d’autres initiatives sanitaires que nous avons menées ».

M. Wikler a évoqué le cas du boycott des vaccinations contre la poliomyélite en 2003 par des responsables religieux musulmans, dans le nord du Nigeria, qui affirmaient que le vaccin était un stratagème occidental pour disséminer le VIH et stériliser les jeunes filles musulmanes. Selon l’OMS, ce boycott a entraîné une propagation de la poliomyélite dans une douzaine de pays.

M. Wikler a dit à IRIN que cette campagne de vaccination contre la poliomyélite au Nigeria était un cas isolé qui aurait justifié le recours à la force pour garantir l’observance. Cependant, exception faite des situations inhabituelles telles que la bataille du Nigeria contre la poliomyélite, celui-ci estime que les fonctionnaires de santé doivent envisager d’autres options pour garantir l’observance de la population.

Une force positive

M. Wikler a préconisé d’instaurer une « force positive », en associant les immunisations à des mesures incitatives, afin de surmonter la résistance. « Les réfractaires doivent dépendre des autorités pour bénéficier de services, par exemple la scolarisation. Rendez les immunisations obligatoires pour les étudiants, ou associez-les à d’autres bénéfices proposés à la population par le gouvernement ».

M. Meda, le directeur médical, a cependant déclaré que les familles ayant initialement refusé le vaccin contre la fièvre jaune ne déclaraient pas les naissances de leurs enfants et ne permettaient pas non plus à ces derniers d’aller à l’école. « Ces familles sont totalement coupées de la société et du gouvernement », a-t-il confié à IRIN.

Selon M. Meda, la communauté est recluse et échappe au recensement du gouvernement. IRIN n’est pas parvenu à rencontrer les membres opposés aux vaccinations contre la fièvre jaune.

M. Wikler, spécialiste de l’éthique, a affirmé à IRIN qu’impliquer les leaders religieux opposés aux campagnes sanitaires salvatrices était une politique plus judicieuse que le recours à la force. « Cela prend du temps. Ce n’est pas un objectif que les autorités peuvent atteindre en un week-end au cours des campagnes d’immunisation. Plusieurs années seront nécessaires. Le gouvernement est seul responsable de l’aggravation des dissensions ».

D’après un chercheur, le manque de formation religieuse sur les questions sociales et sanitaires a semé la confusion chez certains leaders religieux en matière de vaccinations. « Pour les musulmans, [d’après le Coran], la maladie est une mise à l’essai », a affirmé Ismaël Tiendrébéogo, membre du Cercle d’études, de recherche et de formation islamique à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. « Mais Dieu n’a jamais dit qu’il ne fallait pas chercher de remède à cette maladie ».

Selon l’OMS, bien qu’un vaccin contre la fièvre jaune soit disponible depuis 60 ans, le nombre de personnes infectées et succombant à la maladie virale a augmenté au cours des deux dernières décennies.

Une épidémie de fièvre jaune a frappé le Burkina Faso en 1983, et entraîné dans son sillage plus de 70 pour cent des 380 personnes infectées, d’après le gouvernement.

bo/pt/np/db/ail


Thèmes: (IRIN) Santé et nutrition, (IRIN) Droits de l'homme

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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 13:04
TOGO: Une deuxième révolution verte peut-elle marcher ?


Photo: Etonam Ahianyo/IRIN
Des producteurs de maïs, à Mivakpo, à 50 kilomètres au nord-ouest de Lomé, capitale du Togo

LOMÉ, 19 février 2009 (IRIN) - Après plusieurs années de sanctions imposées par les bailleurs, de pertes de récolte de plus en plus importantes et de pénuries alimentaires persistantes, le Togo s’est engagé à investir 178 millions de dollars pour relancer son secteur agricole, qui emploie les deux tiers de la population.

Les fermiers qui ont vécu les réformes agricoles des années 1970 ont dit espérer que cette fois-ci, les retombées seront plus durables.

« Bien que nous soyons ravis des promesses du gouvernement, il est très important que celui-ci fasse attention, en dirigeant ce programme, de ne pas répéter les erreurs du passé », a déclaré Baba Djabakatié, président de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton.

Acte un

Après une série de sécheresses et les pénuries alimentaires qui se sont ensuivies dans les années 1970, Eyadéma Gnassingbé, président de l’époque, a lancé ce qu’il a baptisé la « révolution verte » pour augmenter la production locale.

A la radio et sur les panneaux publicitaires, on promouvait le « retour à la campagne », à coups de slogans tels que « Produisez plus, la terre ne nous laissera pas tomber » ou « Les Togolais dépendront moins des importations ».

Au début des années 1980, ces réformes ont contribué à stimuler la production agricole togolaise, ce qui a permis au pays de commencer à exporter du coton, selon le gouvernement.

Mais ces améliorations ont été de courte durée, d’après Samuel Anani Akakpo-Ahianyo, ancien ministre des Affaires étrangères, en fonction pendant les réformes. « Les terres n’étaient toujours pas cultivables, les producteurs pas formés, les routes rurales pas construites pour relier la campagne aux marchés ».

De plus, a-t-il ajouté, les troubles politiques qui ont éclaté dans les années 1990 ont entravé la mise en œuvre des réformes agricoles. Ces violences politiques ont amené les bailleurs à réduire les fonds octroyés ou à se retirer pour protester contre les nombreuses violations des droits humains commises aux quatre coins du pays, et notamment contre les mesures de sécurité sévères adoptées pendant les élections présidentielles de 2005.

Pour M. Akakpo-Ahianyo, toutefois, le secteur agricole a été victime non seulement des violences politiques, mais aussi d’une « mauvaise planification et d’une mauvaise gestion » sous le régime de l’ancien Président.

Acte deux

Le dernier effort en date en faveur de l’agriculture a été fourni le 30 janvier par le gouvernement togolais lorsque celui-ci a convoqué les bailleurs à Kara, à 420 kilomètres au nord de Lomé, la capitale, pour leur rappeler les « fonds, l’assistance technique et le matériel » nécessaires pour mettre en œuvre ces changements agricoles, a expliqué Gilbert Bawara, ministre de la Coopération.

La Banque mondiale, la Banque ouest-africaine de développement, le Fonds monétaire international, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’Union européenne, le Programme des Nations Unies pour le développement, l’Agence française de développement et la Banque islamique de développement comptaient parmi les bailleurs représentés.

Les bailleurs ont consenti à accorder 57 millions de dollars au Togo pour financer son secteur agricole en 2009, et notamment l’achat d’engrais, la recherche, la formation des agriculteurs, la création d’associations de producteurs et l’augmentation des rendements, en portant une attention particulière à la riziculture, selon Messan Ewovor, ministre de l’Agriculture.

Paul Ahianyo, riziculteur, a indiqué à IRIN que son champ, situé à 45 kilomètres au nord-ouest de Lomé, se trouvait à l’écart du marché le plus proche et qu’il n’avait pas d’équipement. « Nous n’avons pas de route pour transporter nos produits [au marché] ».

Selon le ministère de l’Agriculture, 90 tracteurs ont été envoyés dans les zones rurales pour un usage partagé et les fermiers recevront 25 000 tonnes d’engrais au début du mois de mars – début de la période de pousse 2009. Environ quatre millions de personnes sont employées dans le secteur agricole, selon le recensement 2006.

Dans sa stratégie de production agricole 2008-2010, le gouvernement a ciblé le cacao, le café, le poisson et le riz, pour permettre d’améliorer les moyens de subsistance et de réduire la malnutrition. Une étude réalisée par les autorités publiques en 2006 avait en effet révélé un taux de malnutrition de 26 pour cent chez les enfants de moins de cinq ans. Les Nations Unies travaillent de concert avec le gouvernement en vue d’actualiser cette étude.

Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), si des changements importants ne sont pas apportés aux méthodes de production et de gestion alimentaires dans le monde, les crises alimentaires risquent de s’aggraver au cours des années à venir.

A Matékpo, à 95 kilomètres au nord-est de Lomé, le correspondant d’IRIN s’est entretenu avec Sam Kossi, agriculteur, en février, alors qu’il se préparait à la période des semailles.

« Je prie pour que cette relance du secteur agricole soit une vraie réussite », a-t-il déclaré. « Peut-être aurons-nous vraiment la chance d’échapper à la pauvreté, cette fois-ci ».

ea/pt/np/nh/ail


Thèmes: (IRIN) Politique, (IRIN) Economie, (IRIN) Environnement, (IRIN) Sécurité alimentaire, (IRIN) Santé et nutrition

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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 13:03
TOGO: Des ARV gratuits, et enfin en stock


Photo: Phuong Tran/IRIN
À la CAMEG, la centrale d’achat de médicaments togolaise à Lomé, des antirétroviraux destinés aux patients séropositifs garnissent de nouveau les rayonnages

LOME, 27 janvier 2009 (PlusNews) - Au Togo, après deux ans d’accès incertain – voire nul – aux médicaments antirétroviraux (ARV), les patients séropositifs reprennent ou débutent le traitement. En effet, le financement octroyé par un nouveau bailleur de fonds a permis un réapprovisionnement, et les ARV sont distribués gratuitement depuis le 14 novembre.

Simba Abalo, âgé de 47 ans, a expliqué à IRIN que sa séropositivité avait été diagnostiquée en 2007, mais qu’il s’était vu refuser le traitement par la centrale d’achat de médicaments nationale, la CAMEG. Un an plus tard, le 13 décembre, après avoir entendu à la radio que les ARV étaient distribués gratuitement, il s’est rendu à Espoir Vie Togo, une association à but non lucratif située à Lomé, la capitale, offrant des services aux personnes séropositives.

« J’espère qu’ils sont réellement gratuits. Sinon, je ne serai pas en mesure de les payer pour ma femme et moi-même », a dit à IRIN le soldat à la retraite. « Si je décède ce n’est pas grave, mais ma femme doit rester en vie pour les enfants. Nous avons décidé qu’en cas de pénurie, elle commencerait le traitement avant moi », a ajouté M. Abalo, aujourd’hui au chômage.

Depuis, tous deux ont débuté le traitement antirétroviral (ART).

Rares, puis introuvables

Le stock d’ARV s’amenuisait depuis la suspension en 2006 d’une partie de la subvention de plusieurs millions de dollars allouée au Togo par le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, et le refus d’une demande de subvention en 2007 pour cause d’« irrégularités » de contrôle.

D’après la CAMEG, les nouveaux patients se sont vu refuser les ARV entre juin et novembre 2007. Les patients qui recevaient d’ores et déjà un traitement antirétroviral à cette période ont été privés d’ARV pendant environ trois mois.

Des études médicales ont permis d’associer ces interruptions à une résistance accrue aux médicaments, qui se traduit, lors de la reprise du traitement, par l’incapacité des ARV à lutter contre les souches du VIH ayant subi une mutation.

Les mesures adoptées pour limiter les interruptions incluaient l’achat en urgence par le gouvernement d’un stock pour 3 mois, pour un montant de 365 000 dollars, l’assistance pendant deux mois du Groupement d’intérêt public Esther (Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau) français, et des prêts d’ARV par le Burkina Faso et le Bénin.

Des centaines de personnes ont protesté contre la pénurie d’ARV au cours d’une manifestation organisée à Lomé en novembre 2007, où l’on pouvait lire les pancartes suivantes : « Sans médicaments génériques, c’est la mort », et « Otages [de la pénurie d’ARV]. »


Photo: Phuong Tran/IRIN
Simba Abalo

Des milliers de nouveaux patients ou de patients sans aide financière dans l’impossibilité de démarrer ou de poursuivre un traitement antirétroviral ont remplacé les ART par des antibiotiques, ou n’ont pris aucun traitement. Pour les plus de 3 000 patients sans aide financière, les coûts mensuels s’élevaient à 9 ou 47 dollars, selon les médicaments.

D’après la Banque mondiale, le revenu mensuel moyen de la population active au Togo s’élevait à 30 dollars en 2007.

Une solution contre la pénurie

« La CAMEG n’acceptait pas de nouveaux patients », a expliqué M. Abalo. « Même s’ils avaient eu des médicaments, je n’aurais pas pu payer plus de 4 dollars par mois car je venais juste de perdre mon poste d’agent de sécurité, rémunéré 70 dollars par mois. Une infirmière m’a conseillé de prendre l’antibiotique Cotrimoxazole. »

Il a ajouté qu’il ne possédait pas toujours les 68 centimes de dollars que coûte chaque boîte d’antibiotique. M. Abalo a montré à IRIN les résultats du test de numération des CD4 effectué en octobre 2007 : 80.
 
La numération des CD4 d’une personne permet de mesurer le nombre de globules blancs capables de lutter contre le VIH. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, tout patient présentant une numération des CD4 égale ou inférieure à 350 doit prendre des ARV.

« Lorsque je ne prenais pas mes comprimés d’antibiotiques par manque d’argent, je vomissais après les repas. Mais lorsque j’étais en mesure de les prendre, j’arrivais à m’alimenter », a dit M. Abalo.

La gratuité est-elle suffisante ?

Selon le programme national togolais de lutte contre le sida, quelque 4 000 patients supplémentaires reprendront ou débuteront le traitement antirétroviral du fait de la gratuité des ARV.

Le directeur adjoint de la CAMEG, Takouda Pelei, a déclaré à IRIN que compte tenu des niveaux de financement des ARV actuels, la centrale d’achat disposait d’un stock suffisant pour approvisionner les patients actuels en ARV et jusqu’à 4 000 nouveaux patients jusqu’en août 2009.

Le Fonds mondial a approuvé l’octroi au Togo d’une aide supplémentaire chiffrée à 94 millions de dollars pour les cinq prochaines années. Vingt-cinq millions seront alloués au financement des ARV et des médicaments permettant de lutter contre les infections opportunistes. Le décaissement devrait être effectué au cours des mois à venir.

Les groupes au service des personnes séropositives et le gouvernement estiment qu’au minimum 18 000 personnes supplémentaires ont besoin d’un traitement, outre les personnes déjà sous ARV. Depuis le 21 janvier, la CAMEG procède à un nouveau recensement des utilisateurs d’ARV à l’échelle nationale, au nombre de 11 490 fin 2007.

M. Pelei a indiqué à IRIN qu’il était crucial d’éviter une nouvelle pénurie. « Le traitement antirétroviral ne fonctionne pas comme un robinet. Vous ne pouvez pas l’ouvrir et le fermer sans mettre la vie du patient en danger ».

pt/ail/kn/np


Thèmes: (IRIN) Prise en charge/Traitement, (IRIN) VIH/SIDA (PlusNews)

Par L'équipe NOVA Solidarité Internationale
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 13:01
TOGO: La suppression des frais de scolarité crée un déficit budgétaire


Photo: Phuong Tran/IRIN
Au tableau noir d’une école primaire de village, à Yelivo, un tableau indique l’augmentation spectaculaire du nombre d’inscriptions scolaires, en 2008, depuis la suppression des frais de scolarité par le gouvernement

YELIVO, 16 janvier 2009 (IRIN) - Cette année, au Togo, les premières suppressions de frais de scolarité pour les élèves du primaire et du préscolaire ont fait grimper le nombre d’inscriptions scolaires, et l’on s’interroge sur la manière dont les écoles pourront financer les salles de classe, les enseignants et le matériel scolaire supplémentaires qu’il leur faut.

Selon les spécialistes de l’enseignement, le gouvernement aurait dû mieux prévoir [les répercussions de cette mesure] avant de supprimer les frais de scolarité. Jusqu’à cette année, les élèves payaient jusque quatre dollars par an pour les garçons, et environ la moitié, pour les filles.

Tchagara Tchabana, directeur de l’école primaire de Yelivo, un village du centre du Togo, a expliqué à IRIN que les frais de scolarité payés par ses élèves lui permettaient de couvrir les dépenses de l’école.

« Le gouvernement a promis de [me] verser une partie des fonds que j’ai perdus depuis la suppression des frais de scolarité pour me permettre de couvrir les coûts de personnel et de matériel supplémentaires, mais je n’ai encore rien reçu. Mon école tombait déjà en ruines avant l’augmentation du nombre d’inscrits ».

Selon M. Tchabana, 45 nouveaux élèves se sont inscrits cette année, portant le nombre total des élèves de l’école à 314. Le directeur a dit avoir déboursé environ 70 dollars de sa poche pour acheter des fournitures, notamment six boîtes de crayons de couleur, de la craie, 20 carnets et des clous pour réparer le mobilier scolaire.

Mais Ayayi A. Kudjoh, secrétaire général du ministère de l’Education, a expliqué à IRIN que les directeurs avaient reçu leurs subventions scolaires standard au début de l’année scolaire, en octobre, et qu’ils recevraient bientôt des fonds en plus, qui leur permettraient de couvrir les frais occasionnés par leurs élèves supplémentaires.

« Nous comptons le nombre d’élèves pour vérifier combien chaque école recevra, en fonction de l’augmentation du nombre de leurs inscrits. Nous avons déjà demandé aux écoles d’ouvrir des comptes dans les banques locales pour que nous puissions y déposer les fonds. Si elles ont fait ce qui leur a été demandé, elles recevront cet argent ».

Mais M. Tchabana, le directeur d’école, a déclaré n’avoir reçu aucune instruction ; de plus, a-t-il indiqué, cette nouvelle politique de suppression des frais de scolarité a semé la confusion dans l’esprit des parents.


Photo: Phuong Tran/IRIN
Les directeurs d’école du Togo réaménagent leurs classes pour accueillir plus d’élèves

« Ils pensent que tout ce qui est lié à la scolarité est brusquement devenu gratuit et ont cessé de verser les contributions financières qui permettaient de payer l’enseignant recruté par la communauté, et que l’Etat ne rémunère pas ».

Dans cette école primaire, la seule du village, six enseignants sont chacun payés 120 dollars par mois par l’Etat, et le septième est rémunéré grâce aux contributions volontaires des parents, selon M. Tchabana.

Augmentation spectaculaire des inscriptions

Le ministère de l’Education a estimé, à la fin de l’année 2008, que pour couvrir l’augmentation des inscriptions, il devrait recruter plus de 3 000 enseignants supplémentaires, construire plus de 5 000 salles de classe en plus et près de 100 000 bancs d’école, et acheter des centaines de milliers de manuels scolaires supplémentaires.

Selon les estimations du gouvernement, les inscriptions ont augmenté de 54 pour cent pour le préscolaire et de 12 pour cent pour le primaire. L’écart entre filles et garçons est presque inexistant.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) s’est félicité de la suppression des frais de scolarité, mais selon l’organisme, le gouvernement aurait dû mieux se préparer avant de lancer cette initiative. « Le système éducatif [togolais] a été négligé pendant vingt ans », a commenté Mamadou Lamine Sow, responsable éducatif à l’UNICEF.

« L’école de formation à l’enseignement a été fermée. Certaines mesures doivent être prises avant la suppression des frais », a estimé M. Sow. « Quels sont les coûts ? Quels types de frais devraient être supprimés ? Comment renforcer les infrastructures et maintenir la qualité de l’éducation ? ».

Le gouvernement a estimé que le nombre d’inscriptions supplémentaires dues à la suppression des frais de scolarité lui coûterait plus de cinq millions de dollars.

M. Sow de l’UNICEF se demande quant à lui comment les représentants régionaux du ministère de l’Education auraient pu informer et préparer les directeurs d’école, alors qu’ils ne peuvent pas couvrir leurs propres frais de transport pour se rendre dans les écoles, en particulier les plus reculées.

En outre, les transferts de fonds, qui permettent d’envoyer ces fonds dans les écoles, sont « difficiles à effectuer » dans un pays au « système bancaire médiocre », selon M. Sow.

Le Togo s’est engagé à assurer l’éducation pour tous d’ici à l’an 2015, conformément aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

En 2006, 76 pour cent des enfants en âge d’être scolarisés étaient inscrits à l’école primaire, mais seuls 61 pour cent ont achevé le cursus, selon le gouvernement.

pt/np/nh/ail


Thèmes: (IRIN) Enfants, (IRIN) Education

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